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Communiqué Manifeste Plaidoyers English

 

« Nous n’héritons pas de la Terre de nos ancêtres,

nous l’empruntons à nos enfants ».

Antoine de Saint-Exupéry

Crise alimentaire - L'agriculture, un «bien» de première nécessité.
    
Christian Lacasse, Président de l'Union des producteurs agricoles
Avril 2008
« Le développement soutenable [c’est-à-dire durable] est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »
(Commission mondiale des Nations Unies pour l’environnement et le développement — Commission Bruntdland)

Il faut réaliser l’ampleur du gaspillage que représente l’expansion du périmètre des villes, petites et grandes, vers la zone agricole. L’expansion sans cesse plus grande des villes est un phénomène généralisé. Au Québec, la propension à s’établir en périphérie des villes a donné lieu à un très haut niveau d’étalement urbain, pour une population de sept millions d’habitants. Le développement de l’industrie et des centres commerciaux à la périphérie des villes emprunte une dynamique comparable. Ce phénomène est amplifié par le régime fiscal des municipalités qui repose largement sur la taxe foncière. Le territoire agricole est un bien collectif et il doit être protégé, dans l’intérêt de l’ensemble des Québécois et des Québécoises.

Rapport de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois janvier 2008

La Coalition pour la protection du territoire agricole s’inquiète : UN PANIER D’ÉPICERIE PARMI LES MOINS CHERS  février 2006

De quelle manière la disparition des terres agricoles bonifie-t-elle, à long terme, la qualité de vie des citadins? Et faute de terres pour produire nos aliments ici, comment les milliers de kilomètres parcourus par des produits en provenance des quatre coins de la planète participent-ils à l’effort de réduction des gaz à effet de serre? »
En protégeant le territoire agricole, c’est la vitalité de tout le Québec qu’on défend et sa capacité de voir à sa propre sécurité alimentaire. Voilà sans doute pourquoi la très vaste majorité des Québécoises et des Québécois soutiennent que le gouvernement devrait protéger davantage les zones cultivables et sont d’avis que les grandes infrastructures devraient épargner les terres agricoles.

Mai 2007 
L’étude Marois est sans équivoque à cet égard : « Il y a présentement une grande disponibilité de terrain en zone blanche. Toute demande requérant un dézonage est une pression supplémentaire sur les terres agricoles et peut être irrecevable considérant l’espace développable à des fins urbaines. »

L’appétit des développeurs et des municipalités pour la zone agricole semble sans limites, car la pression ne cesse d’augmenter sur les terres cultivables des grandes agglomérations urbaines. Si la tendance continue, c’est l’avenir de l’agriculture sur des milliers d’hectares des meilleurs sols arables du Québec qui sera compromis.

Document de référence  EQUITERRE  et  SANTÉ PUBLIQUE  2005 Système alimentaire et sécurité alimentaire: comprendre et agir

Certains estiment même que l’étalement urbain devrait être identifié comme une menace de premier ordre à la sécurité et à l’autosuffisance alimentaire locale. À une époque où les experts internationaux prédisent des événements climatiques extrêmes en raison des changements climatiques, des efforts de protection des terres agricoles devraient être mis de l’avant en tant que mesure de sécurité publique

Parachèvement de l’autoroute 30: Nature québec demande d’opter pour le tracé nord (route 132)

Novembre 2007
Nature Québec demande au gouvernement de reconsidérer le choix du tracé sud de l’autoroute 30 dans les terres agricoles et d’opter pour le tracé nord entre Candiac et Sainte-Catherine. Cette position fait suite à  la présentation par le Parti québécois et par l’Action démocratique du Québec, le 31 octobre dernier à  l’Assemblée nationale, d’une motion demandant au gouvernement de compléter les travaux de l’autoroute 30 sur le tracé nord (route 132).

Pour Nature Québec, les impacts sur l’agriculture attribuables au projet de construction de l’autoroute 30 dans la zone agricole n’ont pas fait l’objet d’une analyse suffisante lors des audiences qui se sont tenues en 2002. Rappelons également que la Commission de la protection du territoire agricole s’est prononcée contre la construction du tracé sud dans les terres agricoles.

Dans un Québec à la recherche de l'autosuffisance, trop de terres à bon potentiel sont encore abandonnées et l'étalement urbain se fait toujours aux dépens des bonnes terres agricoles. Pour ce faire, il fallait éliminer la spéculation foncière, responsable de la surenchère du prix de vente des terres, et freiner le développement anarchique provoquant l'abandon de l'agriculture. Trop de terres à bon potentiel sont encore abandonnées et l’étalement urbain se fait toujours aux dépens des bonnes terres agricoles pendant que des autorisations sont refusées sur des terres incultes.

Lauréan Tardif, Agronome pédologue, spécialisé en science du sol; commissaire et vice-président de la Commission de protection du territoire agricole de 1978 à 1985.
décembre 2003 le 25e anniversaire de l'adoption de la Loi sur la protection du territoire agricole

Document de consultation sur la protection du territoire agricole Québécois, présenté par ministre de l’Agriculture, Jean Garon, le 7 juillet 1978. Les objectifs de la Loi sont énoncés comme suit:

« Il est généralement admis que la protection du territoire agricole vise essentiellement l’utilisation optimale des ressources agricoles du Québec.
« Plus particulièrement nous voulons mettre un frein aux amputations désordonnées du territoire agricole et protéger l’intégrité de ce territoire en empêchant les utilisations incompatibles avec les intérêts de l’agriculture.

« La protection du territoire agricole a aussi pour but d’intensifier l’utilisation des meilleurs sols afin d’en obtenir un rendement maximal et de récupérer les sols qui sont présentement à l’abandon ou qui font l’objet de spéculation. »

Le Comité des citoyens pour l’autoroute 30 sur la route 132 (tracé Nord)  mémoire déposé BaPE

Le projet du tracé Sud de l’autoroute 30 en secteur agricole de
Saint-Constant ne rencontre d’aucune façon cet objectif du Plan de développement durable.
La mise en valeur du patrimoine naturel agricole ne passe assurément pas par la destruction de 500 hectares d’excellentes terres agricoles pour la construction d’autoroutes et ses effets pervers d’étalement urbain. Le tracé Sud viendra perturber les façons de faire des agriculteurs qui devront travailler sur des terres enclavées et d’autres situées à proximité de l’autoroute.
Le Comité désire rappeler que le choix du tracé en zone agricole vient retirer des biens, non seulement aux agriculteurs mais aussi à la population québécoise qui se nourrit grâce à ces terres agricoles.

Lettre-Mémoire de la Coalition pour la protection
du territoire agricole présenté au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement Le 26 septembre 2005

Si c’est là le sort définitif qu’on réserve à ce qui constitue une part du plus beau patrimoine agricole de la province, aussi bien dire que, dorénavant, il n’y aura pas de mal à gaspiller les bonnes terres. On voit déjà d’ici les spéculateurs se frotter les mains. En fait, la préservation d'une base territoriale pour la pratique de l'agriculture et le développement des activités agricoles constitue l'assise fondamentale sur laquelle reposent la croissance et le dynamisme de notre agriculture, à plus forte raison dans le coeur agricole du Québec. Est-il par ailleurs besoin de rappeler que la fonction agricole du territoire conduit à l’alimentation des populations, surtout concentrées dans les villes. Ce sont, à notre avis, des principes que même les autoroutes ne peuvent contourner!
Réjean Parent  et Henri Massé
Centrale des syndicats du Québec, Fédération des travailleurs et travailleuses

Lettre au premier ministre Jean Charest, novembre 2005
Facture astronomique et environnement détruit

Nous sommes d'accord avec la nécessité de doter la région métropolitaine de Montréal d'une véritable voie de contournement. Ce que nous refusons cependant d'admettre, M. le premier ministre, c'est qu'on détruise inutilement notre environnement et nos terres, qu'on nous impose une facture astronomique et beaucoup plus élevée que ce qu'il en coûterait sur la route 132, tout en maintenant la population locale dans la congestion continuelle et les risques à la sécurité que représente la désuète route 132 actuelle.

Viviane Corriveau, Présidente du comité de citoyens «Autoroute 30 - tracé nord sur la route 132»

Nous avons toujours vécu dans l'idée que la planète était infinie, c'est-à-dire que l'on pouvait pomper autant de ressources qu'on voulait et qu'il en resterait toujours. Maintenant, nous sommes confrontés à un fait très simple, c'est que la planète n'est pas infinie, que ses ressources ne le sont pas non plus et que nous sommes passablement avancés dans leur épuisement. La croissance actuelle de la consommation des ressources biologiques se maintient, il faudra deux planètes Terre pour satisfaire les besoins de l'humanité en 2050. Quand les êtres humains s'y mettent ils sont géniaux. Mais pour arriver à faire vivre une vie convenable à dix milliards de personnes, il va falloir qu'ils s'y mettent sérieusement. Et l'échéance n'est pas loin, 2050 ce sont vos enfants ou vos petits-enfants.

Hubert Reeves

Le temps de la Souveraineté Alimentaire est arrivé !

Devant les perspectives d’augmentation de la population mondiale jusqu’en 2050 et face à la nécessité d’affronter les changements climatiques, le monde devra produire plus d’aliments dans les années qui viennent. Les consommateurs du monde entier ont vu les prix des denrées alimentaires de base augmenter d’une façon dramatique ces derniers mois, entraînant de grandes difficultés particulièrement au sein des communautés les plus pauvres. En un an, le prix du blé a doublé et celui du maïs a augmenté de 50%.

Montréal, le dimanche 28 octobre 2007

Le député de Vachon et porte-parole du Parti Québécois en matière d’environnement, Camil Bouchard, et le député de Beauharnois et porte parole en matière de transport, Serge Deslières, dénoncent les contradictions du gouvernement Charest dans le projet de l’autoroute 30. Au nom des citoyens concernés, le Parti Québécois réclame du gouvernement qu’il complète l’autoroute 30 sur le tracé Nord dans l’axe de la route 132.

« Les emprises de l’autoroute et des voies de service sur le tracé Nord (route 132) sont déjà disponibles, les autorisations sont là, les propriétés nécessaires ont été expropriées depuis longtemps, l’aqueduc pluvial de plus de 1,8 million $ est construit. Il y a plus de 72 millions $ déjà investis sur ce tracé et les gens voient, avec les deux kilomètres complétés sur le tracé Nord, à quel point leur qualité de vie serait améliorée si seulement le gouvernement retrouvait sa boussole et le Nord. Nous demandons au gouvernement de revenir à la raison. Qu’il fasse preuve de bon sens dans ce dossier, qu’il complète les cinq kilomètres restants et qu’il abandonne le tracé Sud », a poursuivi le député de Beauharnois.

Les maires sont responsables du retard janvier 2008

D'abord, le président de la Table des préfets est Sergio Pavone, l'actuel maire de Châteauguay. Il a tout intérêt à ce que le tracé se réalise dans la zone agricole puisqu'il veut favoriser la réalisation d'un méga centre commercial projeté par la Société Westcliff.

Quant au préfet de la MRC de Beauharnois-Salaberry, Yves Daoust, il a déjà présenté un mémoire au BAPE en 2002, appuyant le tracé sur la 132, dans lequel il écrivait : "Le tracé promu par le ministère (30/132) atteint les objectifs gouvernementaux de protection du territoire agricole et de limitation de l'étalement urbain".

Est-ce la recommandation du BAPE qui l'a fait changer d'idée? Le tracé sud présenté au BAPE en 2002 n'avait que 8,8 km. Aujourd'hui, avec 13 km de longueur, il gruge encore plus dans la zone verte qu'en 2002. C'est donc dire que le tracé sud s'éloigne davantage des objectifs à l'égard de la protection du territoire agricole et de limitation de l'étalement urbain. Cela rend le tracé sur la 132 encore meilleur qu'en 2002.
Christian Nantel, Delson Comité des citoyens et citoyennes de St-Constant.

 

Faut-il prendre des précautions particulières pour éviter qu’un peuple se voit  déposséder de ses terres pour devenir un locataire dans son propre pays ?

 

Francis ROY
Professeur Département des sciences géomatiques
Québec, le 3octobre 2007

Comment ne pas questionner ceux et celles qui siègent à la Commission de l'agriculture, des pêcheries et de l'alimentation, lorsque l'on assiste dans le monde, à des émeutes de la faim dont on nous prédit que ce n'est qu'un début ? Pendant ce temps, au Québec, on choisi délibérément de faire passer une autoroute en territoire agricole, alors que l'alternative proposée par les ingénieurs du MTQ était d'utiliser le tracé de la 132 actuel. Enfin, je ne voudrais pas terminer ce message, sans ajouter que le passé étant garant de l'avenir, à chaque fois que le gouvernement a accepté de déroger au gros bon sens pour permettre d'utiliser des terres agricoles pour la construction de route, les promoteurs ont suivi avec des demandes successives de dézonage additionnel, ce qui dans la plupart des cas ont été acceptées. A St-Constant, l'autoroute n'est pas encore construit que des demandes sont enregistrées, et ce, malgré les engagements pris lors des consultations.

André Mainguy Longueuil, Comité des citoyens et citoyennes de St-Constant.